Recommandée par la Haute Autorité de santé, la vaccination contre la variole du singe (Monkeypox) ne sera plus uniquement réservée aux cas contacts des personnes infectées. A partir de lundi, elle sera également proposée aux publics les plus exposés au virus, notamment les hommes ayant des relations avec des hommes (HSH). Une décision attendue parmi les associations depuis plusieurs semaines alors que l’épidémie ne cesse de croitre.

Dès lundi, la campagne de vaccination va être étendue aux personnes exposées.

Face aux difficultés de tracer les contacts des personnes infectées, la Haute Autorité de santé juge pertinent d’élargir la vaccination contre le Monkeypox à davantage de personnes et  « recommande qu’une vaccination préventive soit proposée aux groupes les plus exposés au virus : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans qui sont multipartenaires, les personnes en situation de prostitution, les professionnels exerçant dans les lieux de consommation sexuelle. Elle peut être envisagée au cas par cas pour les professionnels amenés à prendre en charge les personnes malades. »

Des cas majoritairement en Ile-de-France 

Depuis le 20 mai dernier la vaccination avait été encouragée pour les personnes ayant eu un contact avec un cas avéré de variole du singe. « Depuis, le nombre de cas a augmenté avec 577 cas confirmés au 5 juillet, dont 387 en Ile-de-France, fait savoir, ce 8 juillet, la Haute Autorité de santé. Les cas restent, à ce stade, peu graves, la maladie évoluant favorablement en quelques semaines. »

A Amiens, fin juin, on dénombrait au moins 6 cas au CHU pour un total de 12 cas dans les Hauts-de-France. Au dernier point de Santé publique France, ce 5 juillet, 23 cas avaient été répertoriés dans les Hauts-de-France; ainsi, dans la région, le nombre de cas a été multiplié par deux en dix jours. 

Le virus Monkeypox se transmet par contacts de la peau ou des muqueuses avec la peau lésée d’une personne infectée (boutons ou croûtes) et par les gouttelettes (salive, éternuements, postillons…).

D’après les données établies par Santé publique France, la plupart des cas sont survenus « essentiellement chez des hommes. Lorsque ces informations sont renseignées, dans 97% des cas, il s’agit d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et dans 75% des cas d’hommes déclarant avoir eu plusieurs partenaires dans les semaines précédant l’apparition des symptômes« , des données poussant à étendre la campagne de vaccination, « notamment en prévention, pour limiter le risque de contamination pour les personnes à risque d’exposition au virus. »

Une campagne avec un vaccin de 3e génération

La HAS assure avoir pris  « en considération les données d’efficacité des vaccins disponibles ainsi que l’avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur le bénéfice-risque favorable des vaccins de 3e génération en préexposition. Elle a, en outre, analysé les recommandations de différents pays étrangers qui se sont prononcés sur une vaccination préventive contre le Monkeypox : Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Espagne, Australie, Canada, Etats-Unis. »

La France dispose à ce jour de deux vaccins de 3e génération, l’Imvanex (version européenne) et le Jynneos (version américaine). Pour un schéma vaccinal complet, il faut compter deux doses, espacées de vingt-huit jours d’après la HAS qui précise également que la seconde dose peut se faire avec un vaccin différent de la première. Pour les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole, une dose est néanmoins suffisante.

Ainsi, dès lundi, les personnes ayant été en contact avec un cas avéré de Monkeypox et les personnes dans ces trois situations pourront en bénéficier: les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples; les personnes en situation de prostitution ou les professionnels des lieux de consommation sexuelle, quel que soit le statut de ces lieux.

La HAS ne recommande pas encore à ce stade « la vaccination en préexposition des professionnels de santé prenant en charge les personnes malades, les mesures d’hygiène habituelles et le port d’équipement de protection individuelle rendant le risque de contamination très faible en pratique » conclut la Haute Autorité de santé, avant de préciser que la vaccination pourra « être envisagée au cas par cas, selon l’exposition, l’existence de facteurs de risque individuels ou à leur demande. »

>>>Une ligne téléphonique gratuite et anonyme («Ecoute santé Monkeypox», accessible au 0 801 90 80 69) devrait être mise en place à partir de mercredi 13 juillet.

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