Le Maroc a été frappé par un violent séisme d’une magnitude de 6,8 à 7  sur l’échelle de Richter vendredi 8 septembre faisant plus de 3000 victimes et plus de 5600 blessés. Un séisme d’une rare violence qui a détruit plus de 50 000 habitations au sud du pays. Malgré le drame, certains touristes ont préféré maintenir leur voyage au Maroc, où le tourisme représente 7% du PIB: « c’est notre façon d’être solidaire avec le pays » justifie l’un d’eux. Depuis Nador, il témoigne.

Said, Younes et leurs parents sont arrivés quelques jours après le séisme pour passer des vacances au nord du Maroc. Un séjour prévu bien avant le drame: « Au début, ça m’a refroidi, je me suis dit, attend, qu’est-ce que je vais aller faire le touriste au Maroc pendant qu’il y a des gens qui sont en train de souffrir?  » précise Said Boudil. Hésitant, le touriste amiénois franco-marocain est finalement poussé par sa mère à maintenir le voyage. « Ça ne change rien et tu pourras voir sur place » argumente t-elle.

Du Nord au Sud : la solidarité afflue 

A Nador, au nord du pays, Said confirme: « Pas une commune où il n’y a pas un camion et des gens qui se regroupent pour récupérer des dons pour envoyer vers les villages touchés. Partout où on passe, il y a de la générosité. »

Parmi les dons en direction du sud, des denrées de première nécessité pour des populations privées de leur habitation. « Des habitations qui sont parfois là depuis des siècles. Pas aux normes et qui n’ont pas résisté au séisme » détaille Said. « Partout, dans toutes les régions du Maroc on voit de la solidarité, c’est assez exceptionnel. »

 

« Ici, le drame de vendredi dans le Haut-Atlas a réveillé des souvenirs de 2004. La région du Rif, au nord du Maroc, avait subi un séisme similaire et l’entraide et la solidarité ont été immédiates après celui de vendredi. » Faisant plus de 628 morts à l’époque, le séisme d’Al Hoceima d’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richetr est resté gravé dans la mémoire marocaine.

« Malgré le choc, les gens continuent à vivre, le sujet passe en boucle, on en parle tout le temps. En maintenant l’activité touristique, on est utile également à l’économie locale. Personne n’est indifférent, même ceux qui n’ont rien, aident à leur manière » ajoute l’amiénois.

Dieu ou/et l’Etat

Et de préciser: « La religion est omniprésente chez les gens, il y a un rapport fort. Cet élan de solidarité est aussi porté par la population grâce à la foi en dieu; il faut continuer malgré tout, c’est un peu le message. » Le séisme qui a frappé le pays, sujet à des inégalités sociales importantes, a poussé le roi Mohammed VI à plusieurs annonces promettant entre autres, la reconstruction des habitations dans les normes sismiques.

Des annonces de reconstruction dont les effets devraient être perceptibles rapidement, a annoncé le roi qui était à Paris, où il se fait soigner pour une sarcoïdose– une maladie rare- au moment du drame qui a touché son pays, le 8 septembre dernier.

Au Maroc, les regroupements de dons en direction des sinistrés du séisme qui a frappé la région du Haut-Atlas, ne sont pas rares parmi un balai de camions en direction du Sud du pays.

Au-delà de ces effets d’annonce et la générosité exceptionnelle, en marge, plusieurs témoignages rapportent également de sombres histoires d’escroqueries, de détournements de camions de dons, ou pire, de mariages forcés, comme le rapporte Mediapart.  A Plusieurs reprises, les habitants et associations venant en aide aux victimes ont appelé à la vigilance.

A Amiens la municipalité a voté ce jeudi 14 septembre, une subvention de 5000 euros à la Fondation des Architectes de l’urgence.


Les associations Le Trait d’union ou L’Amicale des travailleurs et commerçants marocains, ont lancé des cagnottes en ligne afin d’envoyer sur place du matériel, tout comme la Croix-Rouge ou le Secours populaire. D’autres sollicitent également des dons non-financiers comme l’association Les Deux Rives. La municipalité met un local à disposition à Écopolis 2 (avenue de la Paix) pour centraliser les dons. « Nous partageons la peine de tous les Amiénois inquiets pour leur famille, leurs amis », avait rappelé, la maire UDI, Brigitte Fouré.

Une soirée artistique au profit des Architectes de l’urgence à la Maison de la culture est par ailleurs prévue le 2 octobre prochain. L’acteur Mayel Elhajaoui et le breakdanceur Kamil Bousselham auraient accepté d’après la municipalité, suivis par les musiciens Ulysse Manhes et Lucas Parton ou les graffeurs Juan Spray et Kwes.

 

 

Une Corniche, Nador, 2018 – CC Rachid

DT