Stein van Oosteren, diplomate néerlandais et auteur de « Pourquoi pas le vélo ? Envie d’une France cyclable » était de passage en Picardie. Après s’être attiré les foudres de Twitter en critiquant les berges de l’Oise « impraticables » selon lui, le militant du vélo en ville s’est rendu à Amiens.

« Notre connexion à la nature est trop mauvaise » a t-il déploré en parcourant le centre de l’agglomération picarde avant de préciser que « cette expérience en centre-ville d’Amiens vous fait ressentir ce manque instinctivement (à la nature NDLR) ». Des déclarations qui ont suscité bien des réactions et des railleries chez les internautes qui y ont vu les élucubrations d’un parisien en goguette face à deux arbres et un carré de pelouse.

1.Stein Van Oosteren a un problème avec le soleil

Ce mercredi 3 aout, place Gambetta, Stein van Oosteren s’aventure dans le centre-ville à la recherche d’un coin de verdure. Jugée très minéral, la grande étendue de pelouse n’est pas suffisante pour le néerlandais « on cuit ici, jamais je ne m’installerai ici » lâche t-il. Montrant la contre-allée la plus arborée, le militant persuadé que l’on veut tous se retrouver à l’ombre, reproche volontiers un manque d’arbres sur la place. Pourtant, sur sa gauche (dans la vidéo) les bancs sont bel et bien installés sous les arbres.

Parisien d’adoption, pas forcément habitué aux rayons du soleil et aux cadres bucoliques, le militant se défend « Aux Pays-Bas les citoyens se sont emparés de ces questions il y a quarante ans, ont demandé à vivre autrement, la France peut faire de même […] Sur Twitter des gens me voient comme un “Connard de bobo parisien” qui arrive à la campagne et veut tout bétonner pour son plaisir, mais je suis né dans un village de 1.200 habitants et j’allais à l’école après 5 km de vélo tous les matins, certains camarades faisaient jusqu’à 18 km, on peut le faire ici aussi » confie t-il à Oise Hebdo.

2.Stein Van Oosteren ne connait pas Amiens…

Mais voilà, que lors de sa visite dans le centre-ville d’Amiens, le militant découvre des « rues apaisées » où « il n’y a même pas de tramway« . Des arguments bien rôdés, répétés et appliqués à toutes les villes sans considérer la réalité des habitant-es: c’est aussi ça le crédo du néerlandais.

Invité à se déplacer dans d’autres rues par les amiénois-es, Stein van Oosteren, va s’aventurer un peu plus dans la ville. Découvrant ici ou là l’appropriation de l’espace public par certains véhicules dans des rues à l’urbanisme pourtant très discutable.

Le militant préfère s’en prendre directement aux usagers qu’aux pouvoirs publics responsables des aménagements routiers. Facile et contre-productif, ce positionnement ne peut apporter que des tensions entre les usagers qu’ils soient cyclistes, automobilistes ou piétons. Les insultes finissent par fuser et participent au climat de crispation entre les usagers.

3.…quitte à exagérer et à oublier les habitant-es.

Revenant à la place Gambetta, Stein van Oosteren explique l’importance de prévoir des aménagements près des restaurants pour les cyclistes afin de les attirer. Prenant exemple sur la contre allée arborée, Stein van Oosteren la choisit car selon lui, bien dotée en équipements pour garer son vélo et surtout à l’ombre. Pour le cycliste, c’est un atout indéniable pour attirer les cyclotouristes.

L’explication fait sourire quand on sait que la contre-allée de gauche -celle où il n’y a pas d’arbre- possède le plus de bars fréquentés par les amiénois-es. L’allure estivale de la ville et le regard du parisien faussent l’analyse.

Mais le cyclotourisme est effectivement une manne économique sous-évaluée comme le relève le spécialiste. Une étude datant de 2012 précise par ailleurs qu’un cyclotouriste dépenserait plus qu’un touriste normal, entre les nombreuses pauses et les haltes pour se reposer. Soit, mais pas de quoi changer les habitudes des habitants pour le plaisir des touristes, cyclistes ou automobilistes.

4.Mais il sait aussi adoucir les angles (c’est un diplomate)

Bien conscient d’avoir été un brin sévère, Stein van Oosteren est revenu quelque peu sur ses déclarations sur Twitter.

Après un passage au Archives départementales de la Somme où se tient l’exposition « A Bicyclette » jusqu’au 15 décembre 2022, le cyclotouriste a continué sa route en laissant derrière lui quelques aficionados du vélo quelque peu troublés par son passage dans la région.

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